J'avais 14 ans, lorsque je fis la connaissance d'Enaut larralde et de son compère Etchamendy dans les années 70, au cours de différents Kantaldi au Pays Basque nord et sud. J'ai eu la grande chance de partager, en compagnie de Guk , d'Etchamendy Larralde et bien d'autres chanteurs Basques, les coulisses de ces kantaldi , les répétitions , les repas d'après Kantaldis. Je ne chantais pas , j'écoutais , j'apprenais cette culture , celle de mon grand père. Curieux comme un gamin de cet age, je posais des questions sur ce besoin de reconnaissance d'identité ,de volonté d'indépendance qui me troublait alors . J'appris grâce à Etchemendy et Larralde qu'il n'était nullement incompatible de défendre une culture , un pays et d'être internationaliste , de défendre chaque juste cause , chaque lutte humaniste dans ce monde, pour une plus grande justice humaine et cela sans frontières , sans différence de langues ,de couleurs de peau ou de cultures.
Un soir , après un de ces kantaldis , nous cherchions un endroit pour nous restaurer, nous fumes éconduits d'un restaurant de St jean de Luz. Toute la table avait entonné des chants basques , le patron eu peur de déranger sa clientèle touristique , nous pria de quitter les lieux. Etchamendy se tourna vers moi et me dit : » Tu vois Haurra, il vaut mieux manger une maigre sardine en bonne compagnie, que du fois gras avec des imbéciles »
40 ans après, Je repense toujours à eux quand je passe devant se restaurant et je préfère toujours manger une tranche de fromage dans un cayolar d'un berger d'Iraty ,au lieu de manger dans un grand restaurant étoilé en mauvaise compagnie.
Agur ENAUT eta appetit bon en compagnie de Mikel Laboa